Saint-Eugène - Alger

Rue de Graimond - face marché
Rue de Graimond face garage
Rue Neuve
Gracieusement offert par Y. Sellam
Ci-dessous : Quartier de la Consulaire (Z'ghara) sur les hauteurs de Saint-Eugène, photos prises en Décembre 2006 par Bruno OLIVES, gracieusement envoyées par Monique Milla
Aprés les Clarisses
Avant les Clarisses
Arcades séminaire
Barrière 1952
Barrière 2006
Café du fort
Chemin Notre Dame du ravin
Chez Lubrano
Collège des jésuites
Derrière Fort Duperre
en face de la fontaine
Entre le fort et les Guyon
Entrée Lycée professionnel
Haut de la consulaire
La poudrière
Maison Milla
Maison Pace
Maison Perez
Montée du séminaire
Placette du séminaire
Placette vers le consulaire
Placette
Route du fort
Sémaphore
Sous le fort Duperre
Vers chez Baldo
Vers les Clarisses et la source
Vers ND d'Afrique
DEUX MOULINS - Photo P.Ricard
La Poudrière - Photo Malenconi
Rocher Bombe - Photo Malenconi
Merci à Monique Milla, pour la série de photos qu'elle vient de nous adresser - ci-dessous :
Chemin du fort
Entrée du fort Duperre et ses gourbis à l'interieur
Entrée village - Mairie
Habitations dans le fort
La baie d'Alger depuis Duperre
La fontaine et les clarisses
Les clarisses depuis le fort
Marché du village mairie
Nouvelles constructions en face de la maison Milla
Terre plein et batiment à la fontaine
Merci à Maryse GOGNALONS, pour les photos qu'elle vient de nous adresser.
Merci à Agnès KOLLER, pour les photos qu'elle vient de nous adresser.

Un voyage extraordinaire !…
Ce n’était pourtant pas les craintes qui nous faisaient défaut avant de
l’entreprendre, mettez vous à notre place !... Mais vous connaissez peut-être cette angoisse de
retourner sur les lieux quittés près de cinquante années plus tôt et vous savez dans quelles
conditions. Pour ma part, je n’avais que peu de difficulté à franchir les cinquante kilomètres
qui me séparaient du berceau de mon enfance, étant lyonnais depuis toujours, un pathos au
clavier, tiens bizarre !!!... Les récits de nos prédécesseurs, écoutés avec passion et attention,
n’avaient en rien arrangé les choses. Ce retour vers le passé était risqué, une histoire de
colonisation avait eu lieu, comment l’occulter, j’avais du mal à comprendre comment nous
aurions pu nous excuser. Nous ne partirions pas avec des intentions guerrières toutefois, pas
question de réécrire ou de refaire l’histoire. Et toujours cette mouvance religieuse extrémiste
qui sévissait régulièrement et dont toutes les exactions n’étaient pas révélées. Et puis enfin
la chance qui sourit, j’aurais pu mettre l’expression au pluriel, merci le Net. Celle de
retrouver Catherine et Huguette, elles avaient grandi en même temps qu’Agnès, celle de
visiter le site de St Eugène. Celle d’y retrouver beaucoup de têtes connues, de ces coins où
leur enfance avait été bercée entre jeux et guerre à ces enfants de là-bas. Celle de croiser sur
ce site le message de Nabil, un voisin de photo d’école de Jean-Michel et Bernard, pas un
ami à cette époque là, mais il était, lui aussi, à la recherche de famille, connaissances. C’était
au début 2008, une correspondance par mails pendant quelques mois avec lui, puis nous
avons fait la connaissance de sa plus jeune sœur, Wassila, qui était venue un mois complet,
en juillet, pour achever des études de paléontologie vers un doctorat. La famille vit à Alger et
sa banlieue. Charmante la petite sœur, du haut de ses quarante quatre ans, elle nous laissait
apercevoir la culture française toujours très présente dans cette famille, comme dans bien
d’autres nous assurait-elle, mais devions la croire pour autant ?
Fin janvier 2009, Nabil avait un voyage d’affaire en France. Même si le temps
ne s’y prêtait guère, nous avions dû insister pour que le chef d’entreprise passe quelques
jours chez nous accompagné de Zahida son épouse, le plaisir de faire plus ample
connaissance. Séjour très court, mais déjà se dessinait l’ébauche de ce retour sur les terres
d’enfance de ma femme. « Nous sommes venus chez vous, ils ne vous restent que la date à
fixer pour que nous puissions vous recevoir » avait dit Nabil en partant. Nos femmes
respectives montaient la rampe de la gare bras dessus bras dessous, comme deux sœurs qui
ne devaient se quitter que pour quelques heures, quelques jours. Ils avaient eu très froid en
France, aurions-nous à l’inverse très chaud en nous rendant chez eux ? Elles allaient être
fixées ces dates, ce serait du 6 au 13 mai, huit jours étaient amplement suffisant pour une
première approche, et puis si les choses devaient mal se passer, ils allaient être longs ces
jours là !... Comme il nous fallait des visas et que le monde est petit, Agnès a trouvé au
consulat d’Algérie à Lyon, un ancien joueur de foot de St Eugène qui avait eu une
reconversion agréable, un gars de son âge dont le père était concierge au stade à l’époque.
Alors à nouveau des souvenirs communs, bizarre la seule blonde dans le consulat à
embrasser un employé, ça se remarque soyez en sûrs… Nos bagages étaient prêts, ils
renfermaient entre autre, quelques précieux cadeaux pour une partie de cette famille qui allait
nous accueillir. Nabil est chef d’entreprise et avait délégué son autorité pour la durée de notre
séjour, il s’était mis à notre service avec une simplicité déconcertante. Il est propriétaire
d’une grande maison en banlieue d’Alger où avec Zahida, ils allaient nous héberger. Il avait
prévu le programme de notre séjour en grande partie, laissant malgré tout un créneau pour
que nous puissions satisfaire quelques intentions personnelles. Nabil, Zahida et Wassila
s’étaient tous trois rendus à l’aéroport pour nous accueillir à notre descente d’avion.
Embrassades et prise en charge des deux touristes, le plaisir de fouler cette terre quittée
quarante sept ans plus tôt commençait à poindre chez Agnès. L’excitation d’en voir
d’avantage, de parcourir cette rue Toussaint-Vimal où elle avait grandi et joué, retrouver tous
les lieux dont elle avait ce souvenir si précis qui surprenait nos hôtes. Comme elle était rouge
cette terre, chez nous elle aurait été reconnue inculte, ici, la végétation était luxuriante après
un printemps pluvieux, les « figuiers de barbarie » étaient en fleurs, laissant augurer de beaux
fruits derrière le rideau d’épines.
Le temps de faire connaissance avec les enfants, Halim, Islem et Kenza,
d’engloutir un repas délicieux préparé par Zahida, et Nabil nous mettait à l’aise : « Il faut
crever l’abcès immédiatement, après les choses iront mieux, » disait-il. A peine le temps de
défaire les valises, direction l’ouest d’Alger, le port de La Madrague, les choses avaient bien
changé ici, une quantité impressionnante d’habitations avait encerclé le peu de bâtiments
d’époque reconnaissables à leur architecture. Puis nous allions remonter le boulevard Pittolet
jusqu’à la rue Toussaint-Vimal, le guide avait bien repéré les lieux. Comme elle était petite
sa rue, comme elle était étroite, mais Agnès retrouvait tout, rien n’avait disparu, rien n’avait
bougé, elle remettait aussitôt les noms des occupants d’alors sur chacune des habitations. Il
n’a pas fallu très longtemps pour que notre présence ne fasse l’objet de questions de la part
des deux femmes accoudées au balcon de chez « Casse ». Une rumeur, tel un éclair, a fait
apparaître les habitants de la rue, puis du quartier. Et c’était à qui voulait nous inviter à
prendre des jus d’orange, des rafraîchissements, à manger des gâteaux « arabes » bien sûr, à
commenter tel ou tel autre propos concernant des gens connus de chaque partie. Zahida et
Nabil restaient à distance, n’intervenant que pour de bien rares traductions.
« Mais entre, tu es ici chez toi ma fille, viens voir, nous avons même conservé
les carreaux d’origine » Elle retrouvait avec une énorme émotion chaque détail qui s’était
incrusté en sa mémoire de gamine d’alors, elle revoyait ses amies dans cette courette où elles
avaient passé les instants précieux de leur enfance. Tous les films de cette période défilaient
en accéléré, les larmes succédaient aux rires, les émotions aux craintes. Ces gens que nous ne
connaissions pas dix minutes avant, nous ouvraient leurs portes, leurs bras, leurs cœurs. Pas
l’ombre d’une rancoeur, que le plaisir de partager cet instant magique pour nous, mais pour
eux aussi je crois, à voir leurs visages radieux et la frénésie qu’ils mettaient à échanger, à
insister pour nous inviter. Nous avons même fait connaissance du conservateur du cimetière
de St Eugène, après notre désir évoqué de nous rendre sur les sépultures de la famille,
quelqu’un était allé le chercher, il habitait une rue voisine. Rendez-vous pris, nous irions au
cimetière vendredi. Nous devions, avant de quitter le quartier, nous assurer que les maisons
des Sougnac étaient encore debout, des bruits avaient couru : elles avaient été démolies pour
permettre la construction d’un téléphérique qui reliait le quartier à Notre Dame d’Afrique.
Que nenni, même si elles avaient un peu changé, elles étaient toujours bien là, Cath et Babeth
seraient enfin rassurées.
Pour Agnès, seule la maison qui fut sienne ne lui ouvrit pas ses portes, un peu
de déception certes, mais tellement de plaisir avec l’ensemble de ce retour que le bilan était
plus que positif, déjà inespéré. Quelle leçon nous avions reçue en matière de bien recevoir,
quel sens de l’accueil ils avaient ces gens qui ne nous connaissaient pas, quel envie de
partager les souvenirs qu’ils avaient encore de cette période difficile, quel plaisir de
converser en français avec des arabes fiers de témoigner de la culture qu’ils avaient reçue et
qu’ils avaient du mal à faire perdurer. Nabil nous précisait que conserver cette culture les
condamnait à devenir « les nouveaux pieds noirs » en leur pays, ils étaient fréquemment mis
à part à cause de celle-ci. La nuit allait tomber, il nous fallait quitter St Eugène, avec regrets
nous reprenions la voiture pour rentrer chez nos hôtes. Un repas à peine allégé, le petit encas
de la rue Toussaint-Vimal était toujours présent, nous allions finir la journée sur la terrasse en
compagnie des jeunes, les enfants et neveux de nos hôtes, tous entre vingt et trente ans, rituel
qui devînt quotidien. Et comme ils nous sont apparus tristes, comme leur avenir semblait
bouché, comme ils réclamaient du travail, de la liberté, persuadés d’être confrontés à un mur
infranchissable. Nos discussions ont parfois étonné les adultes qui les surprenaient, pour nous
pas de problème, aucun sujet tabou, juste le désir d’échanger des idées, du vécu,
l’expérience, une culture, un enrichissement mutuel au contact de l’autre. Que plaisir ces
soirées, à peine dérangés par la fraîcheur relative et l’heure qui avançait, il fallait quand
même mettre fin à nos débats et laisser chacun retrouver l’énergie indispensable au
lendemain pendant une courte nuit de sommeil.
Nous avons honoré notre engagement à visiter la sépulture familiale, une
merveille le cimetière de St Eugène. Les allées principales goudronnées étaient garnies de
bordures repeintes en blanc régulièrement. L’entretien était assuré par une équipe de
jardiniers qui s’acharnaient à désherber manuellement et inlassablement les quatorze
hectares. Seules quelques tombes de facture plus légère n’avaient pu résister à un mouvement
de terrain ou une racine de l’un des nombreux arbres qui ombraient les lieux. Je puis vous
garantir qu’ils sont bien ceux qui reposent en ce cimetière, de là-haut, Notre Dame d’Afrique
veille sur eux, la mer à quelques encablures leur laisse sa brise les rafraîchir. Chut ! Plus de
bruit, ils contemplent, ne touchons à rien, ils sont ici chez eux. Enfin ils regardent cette terre
qu’on leur avait promise comme « la leur », ils restent propriétaires de ce que d’autres ont
perdu. Beaucoup d’émotion vous imaginez, en partageant le gros bouquet de roses qui devait
marquer notre visite, le granit sans un éclat, sans le moindre vieillissement, allait les
accueillir pour quelques jours, puis elles se dessècheraient. Des remerciements au
conservateur qui avait recherché dans les registres d’époque, le carré où reposaient les
ancêtres de la famille Koller. Il nous avait aussi conduits sur les lieux, nous assurant que cela
faisait partie de sa fonction. Un jeune homme très respectueux de la tâche qui lui avait été
confiée, très respectueux aussi de l’émotion des visiteurs qui venaient pour un instant de
repos ou de prière vers ceux qui les avaient précédés.
De prières, il en avait été question en visitant la basilique qui avait suivi notre
visite du cimetière du haut de son promontoire. Sa remise en état se poursuivait, l’équipe
d’ouvriers travaillait très bien, la pierre retrouvait sa splendeur d’origine, les faïences leur
bleu emprunté à la mer voisine. Les blocs méritant un remplacement recevaient une pierre
taillée qui provenait de cette carrière marseillaise d’où avaient été acheminés les originaux.
Deux cierges achetés au vieux prêtre ravi de notre visite, prenaient place pour enfumer un
peu plus la niche où d’autres brûlaient déjà. Même si Agnès l’avait trouvé petite, le souvenir
d’une réception au sein de celle-ci lui avait laissé plus de faste et de grandeur, elle reprenait
quand même fière allure la vieille dame. Sur l’esplanade, nous avions à notre tour pu
embrasser chaque quartier de St Eugène, reconnaître certaines maison de la rue Toussaint-
Vimal où nous étions deux jours plus tôt, avoir ce panoramique si particulier sur la baie
d’Alger. Mais il nous fallait retrouver le monde des vivants, faire connaissance avec les
proches de Zahida et Nabil, et quelle grande famille.
Lors de l’une de nos « petite » collation, nous étions vingt six à table, pour
échanger un instant, des points de vue, des idées. C’était tout à coup comme si notre famille
s’était agrandie par magie, mais comme il était difficile de remettre les prénoms sur les
visages respectifs. Je n’étais en rien habitué aux consonances de la langue arabe, Agnès
maitrisait davantage, même après quarante sept ans. Elle avait engagé une conversation avec
le père de Nabil, Boualem, à propos de ce qui avait conduit à l’indépendance. Comme le
conteur parlait d’une voix faible, peu à peu l’auditoire avait fait silence, chacun cherchant à
récupérer le moindre détail. Quelle mémoire, les dates étaient accompagnées parfois du jour
de la semaine. Les plus jeunes écoutaient avaient une très grande attention le récit donné par
le grand père, ils prenaient enfin connaissance d’évènements qu’ils n’avaient jamais
soupçonnés. Toujours pas de haine, aucune agressivité, que de la déception, les choses
n’étaient pas ce qu’elles auraient dû être. L’histoire avait eu lieu, nous ne pouvions plus rien
faire pour en modifier le cours.
Et notre séjour avançait, une visite à Tipaza, quelques souvenirs achetés, pour
nous, pour des amis, et cette méprise d’un homme sur la place de Cherchell que nous
visitions. Il s’était adressé à Agnès dans un français parfait, il avait de beaux restes
d’éducation le vieux. Ne voyez rien de péjoratif en ces propos, il avait probablement dépassé
soixante dix ans. Il fournissait ainsi à Agnès quelques détails sur les arbres et vestiges
romains qui ombraient et ornaient la place, lui demandant d’expliquer à ses amis (Zahida et
Nabil) les particularités qu’il avait décrites. Fou rire général lorsque Nabil lui répondit en
arabe, il y avait eu méprise sur « les visiteurs », avouez quand même que les choses étaient
inhabituelles. A notre retour sur Alger, nous avons constaté que les trois horloges du quartier
de Bâb El Oued étaient toujours en place, même si les mouvements s’étaient interrompus.
Même s’il m’a proposé la conduite de son véhicule, je n’ai pas accepté l’invitation de Nabil,
le flot des voitures ne m’inspirait guère confiance, la conduite un peu spéciale ici quand on y
pense. Notre guide avait le flaire, pour retrouver une ferme où l’ami le plus cher de mon
beau-père produisait des légumes, il s’est arrêté en bord de route près d’un vieux qui vendait
du pain. Lorsqu’on demanda au vieux s’il avait connu la ferme « Jeandet », il afficha le plus
beau des sourires édentés en nous questionnant à son tour : « Celle où le cheval s’appelait
Papillon et le chien mordait ? » Pile poil, Nabil avait tiré le bon numéro, trouver la ferme
d’après les indications du vieux qui avait travaillé chez Jeandet, ne fut qu’une formalité, en
prime, nous avons eu droit à un pain tout chaud, le vieux, nous considérant comme des
clients privilégiés, était allé le chercher, sa maison étant tout proche.
Notre hôte-guide-chauffeur nous avait aussi prévu un passage dans une galerie
où les métiers d’art étaient à l’honneur. Le lieu regroupait plusieurs disciplines, des gens de
petites conditions pouvaient laisser s’exprimer leurs qualités respectives, les artistes
laissaient libre cours à leurs intuitions. Certains travaillaient les tissus, les peintures, d’autres
les bijoux, le cuir, les métaux, les faïences et terres cuites. Un lieu unique où nous avons pu
échanger avec l’instigatrice du projet, elle faisait tout ça pour sortir ses jeunes de leurs
difficultés, et les choses avançaient, soyez-en sûr Elle nous expliqua que dans la Casbah, le
niveau était plus alarmant, des femmes, à qui tous moyens de contraception étaient refusés,
se retrouvaient à la tête de familles si nombreuses qu’elles ne pouvaient plus les nourrir. Au
départ massif des pieds-noirs, leurs habitats avaient été pris d’assaut par le voisinage, les
gens des campagnes avaient cru bon de prendre place à leur tour des logements vides. Le
partage du travail et de ses revenus ne s’était pas fait dans la plus grande parité, les paysans
d’origine restaient pauvres.
Le dimanche matin, Nabil dû se rendre sur un chantier afin de le clore par la
réception des travaux. Huit mille mètres carrés pour une grande surface et sa galerie
marchande n’avaient rien d’exceptionnel. Ce qui l’était davantage, c’était la décoration du
parking : mille oliviers de très grosse taille avaient été importés d’Espagne et faisaient l’objet
de soins très onéreux pour garantir leur reprise. Imaginez le coût total des plantations à trois
mille euros la pièce, je vous rappelle que le SMIC se situe à guère plus de cent vingt euros
par mois… Agnès avait profité de notre sortie entre hommes pour assister à un cours
magistral de cuisine arabe. Zahida et Rahdia avaient préparé avec plaisir quelques spécialités
dont l’élève du jour ne connaissait pas les secrets. Elle avait pris des notes afin de pratiquer
dès notre retour en terres gauloises. Je revenais juste à temps pour filmer en vidéo celle du
« pain tunisien », dessert exquis qui vaut un baba au rhum, l’alcool en moins. Nous avons
aussi fait une brève incursion dans le « pays libéré », la Kabylie, trop courte hélas pour faire
plus ample connaissance avec la cousine de Zahida, Kedda, Mokhtar son mari, Ferial et
Mehdi leurs enfants, et sa belle-mère. Le trajet « aller » par les plateaux intérieurs, l’occasion
d’entrevoir quelques restes de neige sur les sommets qui nous séparaient de la mer, la route
vers l’Est, tout un plateau où se succédaient de fort belles cultures. Bejaïa, ex Bougie, puis le
retour par le bord de mer, dommage, ce détour aurait mérité au moins deux jours. Le soleil
couchant rougissait terre et mer, nous indiquant que demain notre séjour allait se terminer.
Je ne veux pas garder que cette image d’indifférence à l’égard du petit peuple
algérien de la part de quelques nantis, celle qui me restera toujours, celle à laquelle je ne
croyais pas, c’est cette grande chaleur que l’on vous offre lorsque vous recherchez le contact.
Le sens de l’hospitalité, de l’accueil, le « bien-recevoir » paraissant si normal que l’on se sent
chez soit un peu partout !... Et puis il nous faut rendre compte de ce que nous avons vu, ce
n’était en rien une visite organisée, rien n’avait pu être préparé pour le passage des deux
illustres inconnus que nous étions. Au moment de prendre l’avion, nos yeux embrumés de
larmes témoigneront longtemps du sentiment éprouvé en ce cimetière de St Eugène. Soyez
certains que vos aïeux y sont bien, qu’ils y reposent en paix. C’était la première fois que je
foulais le sol algérien, je m’en souviendrais avec beaucoup de respect pour toutes les
personnes qui ont débordé d’attention à notre égard, tous ceux qui ont transformé nos
craintes en plaisir, huit jours trop vite passés. Un merci tout particulier à nos amis devenus
famille d’accueil pour nous avoir un peu forcé la main, Nabil, Zahida, Halim, Islem, Kenza et
tous vos proches, même si en amitié il n’est jamais question de comptabilité !.....
Fait à St Genis Les Ollières, le 18 juillet 2009
Michel & Agnès

Photos de la rue SALVANDY envoyées par la famille CHEMOUL
arrêt Jaïs
Boulangerie Douillon
 
Epicerie bleue